Personne calculant son taux d'endettement avec une calculatrice, entourée de factures et documents financiers, un carnet et un smartphone posés sur le bureau.

Calcul taux endettement : formule et exemples concrets

Écrit par Mathilde Renaud

5 janvier 2026

L’essentiel à retenir : le taux d’endettement se calcule en divisant les charges mensuelles par les revenus nets. Ce ratio détermine la faisabilité financière du projet immobilier aux yeux des banques. Pour éviter le surendettement et obtenir un accord, le résultat doit impérativement rester sous la limite des 35 %, assurance comprise.

Votre demande de prêt risque-t-elle d’être refusée par la banque à cause d’un budget mal anticipé ? Maîtriser le calcul taux endettement est le meilleur moyen de vérifier la viabilité de votre projet immobilier et d’éviter les mauvaises surprises. Découvrez la formule précise à appliquer et les astuces pratiques pour optimiser votre capacité d’emprunt face aux critères stricts des établissements financiers.

La mécanique du calcul : revenus et charges passés au crible

La formule à connaître par cœur

Voici le pivot de toute analyse bancaire pour votre dossier. La formule tient en une ligne : Taux d’endettement = (Charges mensuelles / Revenus nets mensuels) × 100.

Ce chiffre représente la part de votre gâteau financier avalée par vos dettes. C’est le baromètre immédiat que le banquier observe pour valider votre capacité de remboursement. Il veut la certitude que vous ne finirez pas étranglé financièrement.

Attention, le diable se cache dans les détails. Que met-on exactement dans les cases revenus et charges ?

Les revenus qui comptent (vraiment) pour la banque

La banque ne valide que ce qui est stable et pérenne. Elle cherche avant tout la sécurité absolue.

Voyons ce qui alimente concrètement le calcul taux endettement. Le banquier se base sur votre salaire net avant impôt, mais il intègre d’autres ressources fiables :

  • Salaires nets (…) et traitements de fonctionnaires.
  • Primes contractuelles (13ème mois, participation si récurrente).
  • Revenus des non-salariés (moyenne des 3 derniers bilans).
  • Pensions de retraite ou pensions alimentaires.
  • Revenus locatifs, souvent avec une décote de 30% (la banque anticipe les vacances locatives et charges).

Les charges qui pèsent dans la balance

Parlons maintenant des sorties d’argent fixes et récurrentes. Ce sont les seules retenues par la banque.

Ne cachez rien, car tout apparaît sur vos relevés de compte. Voici les dépenses qui alourdissent la balance et doivent figurer au calcul :

  • La future mensualité de votre prêt immobilier.
  • Les mensualités de tous vos autres crédits : auto, consommation, revolving, etc.
  • Les pensions alimentaires que vous versez.
  • Votre loyer actuel, si vous restez locataire (pour un investissement locatif par exemple). Si vous achetez votre résidence principale, ce loyer disparaît du calcul.

Mettre le calcul en pratique : exemples concrets

Maintenant que la théorie est posée, passons au calcul taux endettement via des cas pratiques pour voir comment ce ratio se comporte dans la vraie vie.

Le cas d’un couple avec un projet d’achat

Prenons un couple gagnant 4 500 € nets mensuels. Ils remboursent déjà un crédit auto de 300 € chaque mois. Leur projet immobilier implique une future mensualité de 1 200 €, assurance comprise. C’est un scénario très classique.

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Ici, les charges totales grimpent à 1 500 € (300 € + 1 200 €). On divise simplement ce montant par leurs revenus de 4 500 €. Le calcul est vite fait.

Résultat : (1 500 / 4 500) x 100 = 33,3 %. Le dossier est solide et passe sous la barre fatidique des 35 %.

Le calcul pour un célibataire qui devient propriétaire

Imaginez maintenant une personne seule avec 2 800 € de revenus. Elle paie actuellement un loyer de 750 € et rembourse un crédit conso de 200 €.

Attention au piège ici. Pour un achat de résidence principale, le loyer actuel de 750 € va disparaître. Vous ne devez surtout pas l’additionner à la future mensualité. C’est une erreur qui fausse tout.

Si la future mensualité est de 750 €, son taux sera de (200 + 750) / 2 800 = 33,9 %. Le projet est donc viable. Voici le comparatif pour y voir clair :

Situation Revenus Charges retenues Taux d’endettement Verdict
Couple 4 500 € 1 500 € (crédit auto + prêt immo) 33,3% ✅ Favorable
Célibataire 2 800 € 200 € (crédit conso) + future mensualité À calculer Le loyer disparaît

La règle des 35 % : une limite pas si rigide

Comprendre le seuil du HCSF

Depuis janvier 2022, le Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF) a fixé la limite stricte à 35 %. Ce n’est pas une loi au sens classique, mais une recommandation devenue très contraignante pour toutes les banques.

Notez que ce taux de 35% maximum inclut désormais l’assurance emprunteur. C’est un changement majeur par rapport à l’ancienne norme des « 33 % hors assurance » qui fausse souvent le calcul taux endettement. Oubliez l’ancien chiffre, il est dépassé.

Le but est simple : protéger les emprunteurs du surendettement et stabiliser le système financier face aux risques.

Qui peut dépasser la limite ? les profils favorisés

Il existe une marge de manœuvre réelle. Les banques ont le droit de déroger à cette règle pour 20% de prêt immobilier chaque trimestre.

Cela cible des profils bien spécifiques. Il s’agit principalement des primo-accédants et des ménages avec des revenus très élevés. Pour ces derniers, même avec un taux à 38 %, le reste à vivre reste très confortable.

Mais ce n’est pas une porte ouverte à tous. La dérogation reste une exception, justifiée par un dossier particulièrement solide.

L’assurance emprunteur, le détail qui change tout

Insistons sur un point souvent oublié. Le coût de l’assurance de prêt est désormais intégré dans le calcul des 35 %. Il ne faut plus le négliger.

L’impact est direct. Une assurance chère peut faire basculer un dossier de 34 % à 36 % et provoquer un refus immédiat. C’est pourquoi bien négocier son assurance emprunteur est devenu un levier majeur.

Au-delà du pourcentage : le « reste à vivre », votre véritable allié

Mais le banquier n’est pas une calculatrice. Un pourcentage ne dit pas tout, et un autre chiffre entre en jeu : ce qu’il vous reste réellement pour vivre.

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Taux d’endettement vs reste à vivre : quelle différence ?

Ne confondez pas tout. Le calcul taux endettement donne un ratio strict, un simple pourcentage. À l’inverse, le reste à vivre représente une somme concrète en euros sonnants et trébuchants.

C’est l’argent disponible une fois vos mensualités de crédit honorées. Ce montant doit couvrir l’essentiel du quotidien. Il paie vos courses alimentaires, vos factures d’énergie ou vos loisirs. Bref, c’est votre oxygène financier mensuel.

Un taux de 35 % n’a pas la même saveur avec un SMIC ou 10 000 € de revenus.

Comment la banque évalue votre reste à vivre

Chaque banque applique sa propre tambouille interne. Elles fixent un plancher minimum vital nécessaire par adulte et par enfant. Si vous êtes en dessous, le dossier coince souvent.

Pour une personne seule, comptez souvent entre 700 et 1 000 € exigés. Un couple devra justifier de 1 200 à 1 500 €, plus une rallonge de 300 à 500 € par enfant.

Un reste à vivre élevé peut parfois faire pencher la balance. C’est l’argument clé pour obtenir une dérogation aux fameux 35 %.

Anticiper pour convaincre : comment alléger votre taux d’endettement

Si votre calcul initial dépasse la limite, tout n’est pas perdu. Il existe des stratégies pour faire pencher la balance en votre faveur avant même de déposer votre dossier.

Faire le ménage dans vos crédits en cours

Attaquez le problème à la racine. Si vous le pouvez, soldez vos petits crédits à la consommation avant de lancer votre projet immobilier. Cela assainit votre calcul taux endettement. Chaque mensualité en moins, c’est de la capacité d’emprunt de gagnée.

Voici des actions concrètes pour rassurer :

  • Rembourser par anticipation un crédit auto ou travaux.
  • Clôturer les crédits renouvelables (revolving), même s’ils ne sont pas utilisés.
  • Envisager un rachat de crédits pour regrouper plusieurs mensualités en une seule, plus faible.

L’impact de votre apport personnel

La logique est implacable. Fournir un apport personnel plus conséquent réduit directement le capital que vous devez emprunter. Moins de dette au départ, c’est automatiquement une mensualité plus digeste.

Cela prouve aussi votre discipline d’épargnant au banquier. Couvrir les frais de notaire et de garantie est devenu indispensable. Pour vraiment marquer des points, viser 10% à 20% du prix du bien est un excellent signal.

Jouer sur la durée de l’emprunt

Vous avez une marge de manœuvre sur le temps. Allonger la durée du prêt, en passant de 20 à 25 ans, diminue mécaniquement la mensualité. C’est souvent le levier décisif.

Mais attention à la facture finale. Une durée plus longue signifie un coût total du crédit plus élevé à cause des intérêts. C’est un compromis à évaluer.

Maîtriser le calcul du taux d’endettement est indispensable pour concrétiser votre projet immobilier. Ce pourcentage détermine votre capacité d’emprunt et rassure la banque sur votre solvabilité. Si la règle des 35 % est stricte, votre reste à vivre et la qualité de votre dossier pèsent aussi. Préparez vos chiffres avec soin avant de négocier.

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FAQ

Quelle est la formule exacte pour calculer mon taux d’endettement ?

La mécanique est très simple à comprendre. Vous devez appliquer la formule suivante : (Charges fixes mensuelles / Revenus nets mensuels) x 100. Le résultat vous donne un pourcentage qui indique le poids de vos crédits sur votre budget.

Pour ne pas fausser le calcul, additionnez bien toutes vos charges (crédits en cours, pensions versées, future mensualité avec assurance). Côté revenus, prenez votre salaire net avant impôt et vos autres rentrées d’argent pérennes.

Comment calculer les 33 % (ou plutôt 35 %) d’endettement ?

Attention, la vieille règle des 33 % a évolué. Aujourd’hui, le seuil de référence fixé par le HCSF est de 35 %, assurance emprunteur incluse. Pour savoir combien cela représente en euros pour vous, multipliez simplement vos revenus nets mensuels par 0,35.

Par exemple, si vous gagnez 2 000 €, le calcul est : 2 000 x 0,35 = 700 €. Cela signifie que vos mensualités de crédit totales ne doivent pas dépasser ce montant pour que votre dossier soit facilement accepté par la banque.

Combien puis-je emprunter avec une mensualité de 700 euros par mois ?

Le montant total dépendra de la durée du prêt et du taux d’intérêt en vigueur au moment de votre demande. Avec une capacité de remboursement de 700 € par mois, vous pouvez espérer emprunter environ 110 000 € à 120 000 € sur 20 ans avec les taux actuels (autour de 4 %).

Si vous allongez la durée sur 25 ans, votre enveloppe augmente, mais le coût total du crédit aussi. N’oubliez pas que cette mensualité de 700 € doit inclure l’assurance du prêt.

Comment calculer mon reste à vivre ?

Ce calcul est complémentaire au taux d’endettement. Il s’agit de soustraire toutes vos charges fixes de vos revenus : Revenus nets – Charges fixes = Reste à vivre. C’est la somme qu’il vous reste réellement pour payer l’alimentation, l’énergie, les transports et vos loisirs.

Les banques surveillent ce chiffre de près. Elles estiment généralement qu’il faut un minimum de 700 € à 1 000 € pour une personne seule, et davantage pour un couple ou une famille, afin d’éviter le surendettement.

Mon loyer actuel rentre-t-il dans le calcul du taux d’endettement ?

Tout dépend de votre projet. Si vous achetez votre résidence principale, votre loyer actuel disparaît du calcul puisqu’il sera remplacé par la mensualité de votre nouveau crédit. Ne l’ajoutez surtout pas à vos charges.

En revanche, si vous achetez pour louer (investissement locatif) ou pour une résidence secondaire tout en restant locataire de votre logement principal, alors oui, votre loyer actuel compte comme une charge fixe et pèse dans la balance.

Quel salaire faut-il pour emprunter 200 000 euros ?

Pour répondre, il faut faire le chemin inverse. Pour un emprunt de 200 000 € sur 25 ans avec un taux moyen (assurance comprise), la mensualité tourne autour de 1 050 € à 1 100 €.

Comme cette somme ne doit pas dépasser 35 % de vos revenus, il vous faut un revenu net mensuel d’environ 3 000 € à 3 150 € (seul ou à deux) pour que le dossier passe sans encombre auprès des établissements bancaires.

Mathilde Renaud - Journaliste spécialisée en financement immobilier depuis 12 ans. J'aide les futurs propriétaires à décrypter le crédit immobilier et à concrétiser leur projet d'achat sans stress.

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