Couple assis dos à dos, l’un consultant son téléphone, illustrant une séparation et les démarches de désolidarisation d’un prêt immobilier en 2026.

Désolidarisation prêt immobilier : démarches et coût réel

Écrit par Mathilde Renaud

14 janvier 2026

Ce qu’il faut retenir : la séparation n’annule pas la solidarité de la dette immobilière. Pour se libérer, l’accord de la banque est obligatoire et dépend de la solvabilité du repreneur, soumise à la règle des 35 % d’endettement. Cette démarche officielle est l’unique solution pour ne plus être redevable du crédit d’un bien que l’on n’occupe plus.

Une séparation impose souvent de gérer en urgence la désolidarisation du prêt immobilier pour ne pas rester prisonnier d’une dette commune alors que votre vie change. Que votre objectif soit de vendre le logement ou de reprendre le crédit à votre seul nom, maîtriser les conditions imposées par les banques constitue l’unique moyen de sécuriser votre avenir financier. Vous découvrirez dans les lignes qui suivent la méthode concrète pour monter votre dossier, le calcul précis des frais à anticiper et les alternatives vitales à activer si l’établissement prêteur rejette votre demande initiale.

Se séparer du crédit : le principe de solidarité et les options sur la table

Vous imaginez peut-être que votre séparation sentimentale entraîne automatiquement la fin de vos obligations communes. Pourtant, pour votre banquier, la réalité est tout autre : sans une procédure spécifique, vous restez financièrement liés par la dette.

Comprendre la clause de solidarité : un engagement qui survit à la rupture

C’est le piège de la clause de solidarité. Tant que le contrat de prêt court, la banque considère que les deux co-emprunteurs sont redevables de 100 % de la dette, peu importe l’évolution de leur situation personnelle.

Notez bien qu’un jugement de divorce ou une rupture de PACS ne suffit absolument pas à annuler cette clause. Seul un accord formel de la banque, via un avenant, peut libérer l’un des deux partenaires.

Cette solidarité s’applique à tous les co-emprunteurs, qu’ils soient mariés, pacsés ou en concubinage, sans aucune distinction.

Dans quels cas demander la désolidarisation ?

On lance généralement cette procédure de désolidarisation prêt immobilier quand la vie bascule et qu’il devient urgent de séparer les finances.

  • Divorce ou séparation de corps : le cas le plus fréquent, où le patrimoine commun est liquidé.
  • Rupture de PACS ou de concubinage : la gestion du bien acheté en indivision doit être réglée.
  • Séparation d’indivisaires : des amis ou membres d’une famille qui ont acheté ensemble et dont l’un veut sortir.
  • Succession : un héritier se retrouve co-emprunteur et souhaite se désengager du prêt.

Vendre le bien ou le conserver : les deux scénarios possibles

La première option est la vente du bien immobilier. C’est souvent la solution la plus simple pour solder le crédit et libérer tout le monde de l’engagement bancaire.

Avec l’argent de la vente, vous effectuez un remboursement anticipé du capital restant dû. Attention, cette opération déclenche souvent des indemnités de remboursement anticipé (IRA) à régler à la banque.

La seconde option est plus technique : un des co-emprunteurs conserve le bien et reprend le prêt à son nom, à condition d’être suffisamment solvable.

Reprendre le prêt seul : les conditions imposées par la banque

L’analyse de votre solvabilité : le critère numéro un

La banque traite votre demande comme une création de dossier. Elle évalue votre capacité de remboursement comme pour un nouveau crédit immobilier afin de vérifier que vous pouvez assumer la dette seul.

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Vos revenus sont analysés en détail, qu’il s’agisse de salaires ou de revenus locatifs. La stabilité prime et un CDI est souvent le sésame exigé. Des revenus irréguliers peuvent bloquer le dossier.

Sachez que l’établissement conserve un pouvoir discrétionnaire total. Il n’a aucune obligation d’accepter la désolidarisation, même si vos remboursements sont à jour.

Le taux d’endettement, la règle d’or des 35 %

Voici l’obstacle majeur en 2025. La norme du HCSF impose que votre taux d’endettement ne doit pas dépasser 35 %, assurance incluse. C’est une règle stricte que les banques ne peuvent ignorer.

La mensualité, désormais supportée par vous seul, est rapportée à vos uniques revenus nets. Votre ratio d’endettement grimpe mécaniquement et peut rapidement dépasser les seuils acceptables pour la banque.

Pour anticiper le refus, prenez le temps de calculer votre nouveau taux d’endettement. Vous saurez immédiatement si votre projet est financièrement viable.

Les garanties supplémentaires que la banque peut exiger

Si votre dossier est jugé fragile, la banque réclamera des garanties complémentaires pour sécuriser le prêt. Ne soyez pas surpris, c’est une précaution classique face au risque accru.

Elle demandera souvent la caution d’un tiers solvable, comme un parent, ou une nouvelle hypothèque sur le bien. L’objectif est de trouver une sécurité équivalente à celle du co-emprunteur partant.

Ces garanties visent à rassurer l’établissement sur le recouvrement de sa créance si vous veniez à faire défaut sur les paiments.

Les démarches concrètes pour lancer la procédure

Maintenant que vous connaissez les exigences de la banque, voyons pas à pas comment lancer officiellement la demande.

La lettre de désolidarisation : le point de départ officiel

Tout commence par un courrier formel à votre banque. C’est la seule façon d’enclencher la machine administrative. Envoyez-le impérativement en recommandé avec accusé de réception.

Pour éviter que votre dossier ne soit rejeté pour un détail manquant, voici ce que votre lettre doit absolument contenir :

  • Les références complètes du prêt immobilier (numéro de contrat, date de signature).
  • L’identité des deux co-emprunteurs.
  • Le motif clair de la demande (divorce, séparation…).
  • L’identité de l’emprunteur qui souhaite reprendre le crédit.
  • L’identité de l’emprunteur qui demande à être libéré de son engagement.
  • La signature des deux co-emprunteurs pour prouver l’accord mutuel.

Le rachat de soulte : une étape souvent nécessaire chez le notaire

Vous avez sûrement entendu parler du rachat de soulte. C’est simplement la compensation financière versée par celui qui garde le bien à celui qui part.

Son montant se calcule sur la valeur actuelle du bien et le capital déjà remboursé. Attention, le passage chez le notaire est obligatoire pour l’acter.

C’est indispensable, car cet acte notarié transfère juridiquement la pleine propriété du bien à l’emprunteur qui reste.

Les délais de traitement : armez-vous de patience

Je préfère être franc : la procédure est longue. Les délais de traitement varient généralement de 1 à 6 mois selon les banques et la complexité du dossier. Vous restez solidaires de la dette durant cette attente.

Mon conseil ? Anticipez les démarches dès maintenant. N’attendez surtout pas le dernier moment, particulièrement si vous avez un projet de rachat immobilier derrière.

Le coût réel de la désolidarisation : anticiper les frais

Une désolidarisation n’est jamais gratuite. Il est temps de détailler la facture réelle, car plusieurs frais s’accumulent et peuvent surprendre ceux qui n’ont pas anticipé cette sortie de trésorerie.

Les frais de dossier pour l’avenant au contrat

La banque ne travaille pas gratuitement : elle facture la modification du contrat. Ces frais de dossier pour l’avenant sont variables selon les établissements. Pour 2026, la fourchette oscille généralement entre 100 € et 500 €, ou représente parfois 1 à 1,5 % du capital restant dû.

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Les frais de notaire liés au rachat de soulte

Si rachat de soulte il y a, les frais de notaire sont inévitables et incombent à celui qui rachète la part. Côté chiffres 2026, comptez environ 7 à 8 % de la valeur de la soulte dans l’ancien, contre 2 à 3 % dans le neuf.

Ne négligez pas ce montant : c’est souvent le poste de dépense le plus lourd de l’opération, pesant bien plus que les frais bancaires.

Tableau récapitulatif des frais à prévoir en 2026

Pour vous éviter les mauvaises surprises, ce tableau synthétise tous les coûts potentiels pour une visibilité totale.

Type de Frais Montant / Calcul (estimations 2026) Qui paie ?
Frais de dossier bancaire (avenant) 100 € – 500 € ou 1-1,5% du capital restant dû L’emprunteur qui reprend le prêt
Frais de notaire (sur rachat de soulte) 7-8% de la valeur de la soulte (bien ancien) L’emprunteur qui reprend le prêt
Indemnités de Remboursement Anticipé (IRA) Max. 3% du CRD ou 6 mois d’intérêts (si vente du bien) Les deux ex-conjoints (partagé)
Coût de la nouvelle assurance emprunteur Variable (dépend de l’âge, état de santé) L’emprunteur qui reprend le prêt
Frais de garantie (si exigée par la banque) Variable (coût d’une hypothèque ou caution) L’emprunteur qui reprend le prêt

Que faire si la banque dit non ? recours et plans b

Le refus de la banque : pourquoi et comment réagir ?

Le couperet tombe souvent pour une raison arithmétique : votre solvabilité jugée insuffisante bloque le dossier. La banque calcule froidement que votre taux d’endettement dépasserait la limite des 35 % une fois seul. C’est un refus basé sur le risque, pas sur votre personne. Vous voyez la logique ?

Ne restez pas sur un échec sans comprendre. Exigez de votre conseiller les motifs précis du refus par écrit pour ajuster votre tir. C’est la base pour rebondir efficacement.

Sachez que face à un refus de la banque, plusieurs options existent.

Les alternatives pour débloquer la situation

Si la porte principale reste fermée, il faut passer par la fenêtre. Voici des pistes concrètes pour contourner ce blocage initial.

  1. Proposer une nouvelle garantie : Apporter la caution d’un proche ou une hypothèque peut faire changer d’avis la banque.
  2. Saisir le médiateur bancaire : Une solution gratuite, mais son avis n’est que consultatif. La banque n’est pas obligée de le suivre.
  3. Faire un rachat de crédit externe : C’est souvent la solution la plus efficace. Une autre banque rachète le prêt et vous accorde un nouveau crédit, à votre seul nom.
  4. Vendre le bien : Si aucune autre solution ne fonctionne, la vente reste l’option finale pour éteindre la dette commune.

Le rachat de crédit par une autre banque : une vraie solution

Le principe est simple : un nouvel établissement solde votre ancien prêt. Il crée ensuite un nouveau financement, cette fois uniquement à votre nom. Vous repartez sur des bases saines, potentiellement avec de meilleures conditions. C’est une vraie libération juridique.

Cette démarche constitue souvent votre meilleure porte de sortie. Pensez à comparer les offres, car c’est une opération coûteuse. Mais le prix de l’indépendance en vaut la peine.

En somme, le rachat de crédit immobilier par une autre banque est une stratégie à considérer sérieusement.

Les impacts cachés : assurance emprunteur et points de vigilance

L’assurance emprunteur : une couverture à 100 % obligatoire

Vous pensez que votre couverture actuelle suffit pour la suite ? C’est une erreur classique qui bloque bien des dossiers. Si vous étiez assurés à 50 % chacun avec votre ex-conjoint, ce montage devient caduc dès la séparation officielle.

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Pour valider la désolidarisation prêt immobilier, la banque impose une règle mathématique implacable. Vous devez désormais être couvert à 100 % du capital restant dû sur votre seule tête pour sécuriser l’emprunt. C’est une condition sine qua non qui alourdit mécaniquement votre mensualité globale.

Heureusement, la loi Lemoine joue en votre faveur. Elle vous permet de changer d’assureur immédiatement pour trouver un tarif plus digeste.

Attention à la clause de déchéance du terme

Ne faites jamais l’impasse sur l’officialisation bancaire en pensant régler ça « entre vous ». Continuer de payer ou se partager le bien sans l’accord écrit de la banque constitue une violation grave de votre contrat de prêt initial. Vous vous exposez inutilement.

La sanction est brutale : l’établissement peut invoquer la déchéance du terme. Concrètement, la banque exige le remboursement immédiat de la totalité du capital restant dû, ce qui mène souvent droit à la saisie immobilière.

La suspension de crédit, une bouffée d’air temporaire

Si la trésorerie coince pendant les tractations, la suspension de crédit est votre meilleur atout tactique. C’est une solution transitoire idéale pour éviter les incidents de paiement le temps que la banque analyse votre nouveau dossier.

Ce mécanisme permet de reporter vos mensualités, totalement ou partiellement, sur une période allant souvent jusqu’à douze mois. Vous allégez votre charge mentale et financière immédiate en attendant que la situation juridique se stabilise.

Mais gardez en tête que ce n’est qu’une pause technique, pas un cadeau. Le crédit court toujours et les intérêts reportés seront dus.

Se désolidariser d’un prêt immobilier marque la véritable fin de votre engagement commun. Que vous vendiez ou rachetiez la part de l’autre, la banque décide selon votre solvabilité. Anticipez les frais de notaire et les délais. Une fois cette étape franchie, vous retrouvez votre liberté financière.

FAQ

Est-il vraiment possible de se désolidariser d’un prêt immobilier en cours ?

Oui, c’est tout à fait envisageable, mais ce n’est pas automatique. Votre séparation personnelle ne coupe pas le lien financier avec la banque, car la clause de solidarité persiste. Pour vous libérer, vous devez impérativement obtenir l’accord formel de l’établissement prêteur. Concrètement, deux solutions s’offrent à vous : vendre le bien pour solder le crédit ou laisser l’un des deux co-emprunteurs reprendre le prêt à son seul nom.

Qui doit payer les frais liés à la désolidarisation du prêt ?

En règle générale, c’est celui qui conserve le bien immobilier et reprend le crédit. Cette personne assume les frais de dossier bancaire pour la modification du contrat (l’avenant) ainsi que les frais de notaire liés au rachat de soulte. En revanche, si vous optez pour la vente du bien afin de rembourser le prêt, les éventuelles indemnités de remboursement anticipé (IRA) sont souvent partagées entre les deux ex-conjoints.

La banque peut-elle refuser ma demande de désolidarisation ?

Malheureusement, oui. La banque détient un pouvoir décisionnel total et peut refuser votre demande si elle juge que la solvabilité de l’emprunteur restant est insuffisante. Elle analyse le dossier comme une nouvelle demande de crédit : si le taux d’endettement dépasse les 35 % une fois seul, elle rejettera la désolidarisation pour sécuriser le remboursement de sa créance.

Comment faire concrètement pour demander la désolidarisation ?

Tout commence par l’envoi d’une lettre recommandée avec accusé de réception à votre banque. Ce courrier officiel doit préciser les références du prêt, le motif de la demande (séparation, divorce) et l’identité de la personne qui souhaite reprendre le crédit. Une fois cette lettre reçue, la banque lance l’étude de solvabilité, une procédure qui demande de la patience et peut durer de 1 à 6 mois.

Mathilde Renaud - Journaliste spécialisée en financement immobilier depuis 12 ans. J'aide les futurs propriétaires à décrypter le crédit immobilier et à concrétiser leur projet d'achat sans stress.

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